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Connaître les différentes assurances transport
La responsabilité des transporteurs
Les transporteurs disent être responsables des marchandises que vous
leur confiez.
Cela est vrai .... mais comporte de nombreuses réserves.
Les principes de responsabilité
Les transporteurs sont effectivement responsables
des marchandises que vous leur confiez, néanmoins cette responsabilité est très encadrée et
sensiblement limitée.
Dans la mesure où les transporteurs sont rémunérés en fonction
du poids et du volume de ce qu'ils transportent et non en fonction de
la valeur de ces marchandises, il est normal que leur responsabilité soit
exprimée de la même manière afin de rester proportionnelle à leur rémunération.
Ceci a, par contre, des conséquences importantes pour le chargeur en
cas de dommages à la marchandise, le transporteur indemnisera selon des
limites précises, souvent inférieures à sa valeur ré
elle.
Les limites de responsabilité actuelles exprimées
en D.T.S. (Droits de tirage spé
ciaux - cours autour de 1,4070 Eur en août 2001)
, sont les suivantes :
· Transport Terrestre - Convention CMR :
8,33 DTS par kilo, soit environ 11,72 Eur par kilo.
· Transport Aérien - Convention de Varsovie : 16,5837 DTS par kilo, soit
environ 23,33 Eur par kilo.
· Transport Maritime - Convention de Wisby et La Haye : 2 DTS par kilo
(environ 2,82 Eur) ou 666,66 DTS par colis (environ 938 Eur) la plus
forte des deux limites s'appliquant.
Ce sont sur ces bases que les transporteurs indemnisent les dommages
que peuvent subir des marchandises.
A titre d'exemple, une caisse de pièces détachées entre Anvers et Varsovie
(Poids 29 kg et Valeur 9 900 Eur) - Caisse pillée arrivée vide - Préjudice
9 900 Eur - Le réceptionnaire a pris des réserves circonstanciées sur
le bon de livraison - Le transporteur indemnise au titre de sa responsabilité
: 29 kg x 8,33 DTS x 1.4070 = 340 Eur .
Le préjudice restant à la charge du chargeur se montera alors à 9 560
Eur. Si cette caisse avait effectué le même voyage par avion l'indemnité
versée, par la compagnie aérienne aurait été de 29 kg x 16,5837 DTS x
1,4070 = 676,66 Eur et le préjudice à la charge du chargeur de 9 223,34
Eur.
Les cas particuliers de l'exonération
et du déplafonnement de responsabilité
Si les transporteurs sont responsables des dommages que peuvent subir
les marchandises qui leur sont confiées, il est important de savoir que
dans certains cas, cette responsabilité peut être levée et, qu'à l'inverse,
elle peut être déplafonnée.
L'exonération de responsabilité
Pour qu'un transporteur indemnise un chargeur en cas de dommage, il
faut que sa responsabilité soit engagée. Gardien des marchandises, il
y a une présomption de responsabilité s'il ne les livre pas dans le même
état que lorsque qu'elles lui ont été confiées.
Par contre, si le transporteur peut prouver que sa responsabilité n'est
pas engagée, il ne devra alors aucune indemnité.
Le transporteur peut se prévaloir de l'exonération de responsabilité quand
le dommage à la marchandise est consécutif à un événement de force majeur.
La notion de force majeure fait l'objet d'une jurisprudence volumineuse
et évolue sans cesse ; néanmoins la définition usuellement acceptée est
- un événement ayant la triple caractéristique d'être IMPREVISIBLE, IRRESISTIBLE
et EXTERIEUR.
Si ces trois critères sont réunis, le transporteur peut s'exonérer de
sa responsabilité et ne doit alors aucune indemnité en réparation du préjudice
subi.
Cas de force majeure :
· Tremblement de terre. (Irrésistible, imprévisible et extérieur).
· Tornade au mois d'août en France (Irrésistible, imprévisible et extérieur). ·
Vol à main armée (Irrésistible, imprévisible et extérieur) - Il est intéressant
de noter que certains juges français ont refusé de considérer qu'un vol
à main armée en Italie sur un parking d'autoroute relevait de la force
majeure. En effet, si une telle agression est irrésistible et extérieure
à l'entreprise de transport, elle n'est plus imprévisible tant le problème
est fréquent sur les autoroutes italiennes.
Cas non reconnus de force majeure :
· Tempête au mois d'octobre dans le Golfe de Gascogne (Prévisible).
· Mutinerie de l'équipage (Non extérieure au gardien de la marchandise).
Le déplafonnement de responsabilité
A l'inverse, certaines fautes lourdes que pourrait commettre le transporteur
vont déplafonner sa responsabilité et il ne devra plus indemniser le préjudice
sur la base des limites de responsabilité mais indemniser l'ensemble du
préjudice subi par le chargeur ou ses ayants droit.
Ces cas sont usuellement définis par un tribunal, mais voici quelques
exemples de cas ou un transporteur a dû indemniser la totalité du préjudice
:
· Transport du prototype d'un réacteur d'Ariane - Heurt d'un pont -
Destruction du réacteur - Faute lourde : le transporteur doit vérifier
la hauteur de son chargement et prévoir un itinéraire en conséquence.
· Expédition de matériel hi-fi - Vente de la cargaison par le transporteur
à son profit - Faute lourde : vol de la part du transporteur ou d'un
de ses préposés.
· Accident de la route - Marchandises détruites - Le chauffeur conduisait
en état d'ébriété avancé - Faute lourde. Une fois la faute lourde établie,
ce qui nécessite usuellement une action en justice, restent alors les
problèmes de la solvabilité du transporteur et de sa sous-assurance
qui peuvent souvent empêcher de récupérer le montant du préjudice.
Les solutions d'assurance
Face à ces désagréments et ces difficultés dans les relations entre chargeurs
et entreprises de transport, il existe une solution pour sécuriser les
flux de marchandises et donc, les opérations commerciales.
L'assurance AD VALOREM
En souscrivant une couverture d'assurance AD VALOREM (sur la valeur),
vous aller transférer les risques de dommage à vos marchandises sur une
compagnie d'assurance qui vous indemnisera, non pas en vertu d'un principe
de responsabilité mais uniquement sur la base du dommage à la marchandise.
En cas d'atteinte à la marchandise, la compagnie d'assurance remboursera
l'intégralité du préjudice et se retournera alors contre le transporteur
pour récupérer la somme que celui-ci pourra devoir en fonction de ses
limites de responsabilité.
La prime d'assurance sera basée sur la valeur de la marchandise et sera
exprimée sous la forme d'un taux d'assurance.
Il est possible de majorer jusqu'à 20%, la valeur d'assurance déclarée
à la compagnie d'assurance. Automatiquement, l'indemnité payée par la
compagnie en cas de sinistre sera aussi majorée forfaitairement du
même prorata. Cela permet de recevoir une indemnité forfaitaire supplémentaire
couvrant les frais indirects non pris en charge.
Dans le cas de la caisse de pièces détachées voyageant entre Massy-Palaiseau
et Varsovie, la compagnie d'assurance aurait remboursé l'intégralité du
préjudice, soit 9.900 Eur et se serait retournée contre le transporteur
pour récupérer l'indemnité à sa charge au titre des limites de responsabilité.
Les trois grands types de garanties
• La garantie " FAP SAUF " : elle couvre les risques majeurs, naufrage,
abordage, incendie, chute du colis en cours de chargement et l'avarie
commune mais elle exclut les risques de mouille, de vol, d'écrasement.
Elle s'applique au transport maritime. Son pendant pour les transport
terrestres et aériens est la garantie " Accidents Caractérisés " qui couvre
les conséquences d'événements majeurs limitativement énumérés dans le
texte de la police.
• La garantie " TOUS RISQUES " : comme son nom l'indique, cette garantie
couvre tous les risques de magasin à magasin incluant le pré acheminement
et le post acheminement terrestre. Elle peut s'appliquer aux transports
aériens, maritimes & terrestres. C'est la garantie nécessaire dans la
plus grande majorité des cas.
• La garantie " Risques de guerre et mines " : elle est toujours couverte
séparément des autres et fait l'objet d'une tarification à part. Son coût
moyen varie autour de 0.03 % selon le degré de risque sur le parcours
emprunté par la marchandise. Elle couvre les actes de sabotage, de piraterie,
les torpillages etc… Elle s'applique aux transports aériens, maritimes
et terrestres.
Les différents types de police
• La police " au voyage " : elle permet au chargeur de s'assurer au coup
par coup et s'impose pour une expédition isolée.
• La police de marché " à alimenter " : elle est adaptée aux contrats qui
incluent des livraisons et donc des expéditions échelonnées. L'expéditeur
définit précisément les risques couverts et connaît le montant à assurer
et l'échelonnement des livraisons.
• La police " d'abonnement " : également appelée " police flottante ", elle
couvre l'intégralité des expéditions d'un exportateur pour une année donnée.
Cette solution est bien souvent retenue par les grandes entreprises qui
font couvrir ainsi par un seul assureur la totalité de leurs importations
et exportations. Ces polices peuvent prévoir de couvrir sans déclaration
l'ensemble des flux de l'entreprise sans exception afin d'apporter une
sécurité maximum. La cotisation est alors calculée sur le chiffre d'affaires.
Pour les polices à alimenter et police d'abonnement, 2 notions doivent
être connues par le chargeur :
Le plein qui détermine la valeur maximum que l'on est autorisé à expédier
par mode de transport .
La franchise qui permet d'exclure les sinistres inférieurs à une certaine
somme fixée à l'avance, permettant ainsi de moduler l'assurance. Cela
avantage les deux parties à savoir l'assureur, qui n'a pas à gérer des
dossiers couvrant des sommes dérisoires, et l'assuré qui peut ainsi faire
diminuer le montant de sa prime (toute société est capable d'absorber
un petit sinistre de 100 ou 500 Eur).
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